Interpol a récemment élu le ressortissant sud-coréen Kim Jong Yang à sa présidence. Ceci, après que les législateurs internationaux se sont opposés à la candidature d’un candidat proche du Président Vladimir Poutine. Kim a été élu par les 194 pays membres d’Interpol, tous les pays du monde à l’exception de la Corée du Nord, lors d’une assemblée générale à Dubaï.

Qui est Kim Jong Yang ?

Les membres d’Interpol ont élu Kim Jong Yang à la tête de l’organisation, contre un favori soutenu par la Russie, Alexander Prokopchuk. Kim était le président par intérim de l’organisation depuis peu. Plus exactement, après que l’ancien chef d’Interpol, Meng Hongwei, ait été arrêté en Chine dans des circonstances douteuses. Avec plus de deux décennies d’expérience au sein des forces de police sud-coréennes, Kim Jong Yang a été officiellement choisi pour un mandat de deux ans à la tête de l’organisation. Il présidera donc l’organisation jusqu’à la fin du mandat de Meng en 2020.

« Notre monde est maintenant confronté à des changements sans précédent qui posent d’énormes défis à la sécurité et à la sûreté publiques « , a déclaré Kim mercredi après sa nomination. « Pour les surmonter, nous avons besoin d’une vision claire : nous devons construire un pont vers l’avenir. »

La principale fonction d’Interpol est d’échanger des renseignements entre les pays adhérents. L’organisation a aussi pour rôle de coordonner les recherches de personnes disparues et recherchées. Il n’a pas ses propres agents de police. L’organisation est par contre composée de gardes-frontières et d’agents de chaque pays membre.

Interpol politisé ?

Le candidat russe, Alexander Prokopchuck a été largement critiqué pour son accession à ce poste. Proche du Kremlin, Prokopchuck a été régulièrement suspecté pour abuser du système de notice rouge d’Interpol pour faire taire les opposants du président russe, Vladimir Putin. Général de haut rang à la tête du bureau national d’Interpol à Moscou depuis 12 ans, Prokopchuck est aussi ministre de l’Intérieur du pays.

Mikhaïl Khodorkovski, exilé et opposant à Poutine n’a pas manqué de faire part de son opinion. Satisfait de la victoire de Kim Jong Yang, Khodorkovski a laissé entendre que dans le cas contraire, la Russie aurait utilisé Interpol « non pas dans l’intérêt de la justice internationale, mais dans celui des personnes qui travaillent au Kremlin. Khodorkovsky, l’homme le plus riche de ce pays jusqu’à son emprisonnement pour fraude en 2005, a été libéré de prison en 2013 après avoir été gracié par Poutine. Il vit actuellement en Suisse.

« Mettre son représentant à la tête de la plus importante organisation internationale de lutte contre la criminalité. C’est comme mettre la mafia aux commandes », a également déclaré Bill Browder, investisseur américain et grand rival de Putin.